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Un combat contre l’abandon scolaire

La crise économique a aggravé le phénomène d’abandon scolaire, particulièrement celui des jeunes filles dans les milieux défavorisés. En 2015, la région de Kasserine (Tunisie) a affiché un taux d’abandon scolaire de 36,4% dans le primaire.

Ce phénomène d’abandon scolaire se généralise et touche l’ensemble des régions. Néanmoins, il se concentre particulièrement dans la tranche d’age de 13 à 17 ans et dans les milieux ruraux pauvres et isolés. Malgré la complexité de ce phénomène, nous avons constaté que l’abandon est souvent lié à des problématiques sociales et matérielles.

Lutter contre les freins à l’éducation

L’état de l’école

La vétusté des infrastructures aggrave les difficultés de l’école. L’humidité, le froid, l’insalubrité des sanitaires et l’absence d’eau potable affaiblissent les élèves et les rendent fragiles aux maladies. D’autre part, le manque de matériel et de salles rend difficiles le travail des enseignants et la vie d’école (classes surpeuplées, absence de cantine, faible accès au numérique, etc.).

C’est pour cela que la réhabilitation des écoles est une priorité pour ASSEN. L’association a lancé plusieurs projets pour construire des salles de classe, rénover des sanitaires, réparer des toitures ou réaliser des forages pour amener l’eau à l’école. Elle travaille également à développer l’accès au numérique et aux activités culturelles et éducatives (clubs de théâtre, échanges linguistiques, calligraphie, etc.)

La pauvreté

L’abandon scolaire est dû le plus souvent aux difficultés matérielles et à la fragilité des familles les plus démunies. Une perte d’emploi, un décès ou une maladie peut conduire à l’abandon scolaire d’un enfant ou d’un adolescent, surtout les filles, et ce même en cas de résultats scolaires élevés. Les bénévoles d’ASSEN rencontrent très souvent cette situation où il est nécessaire de détecter les problèmes le plus tôt possible et de soutenir la famille.

Nous intervenons à plusieurs niveaux :

  • A la rentrée scolaire : c’est un moment clé qui engendre de fortes dépenses (fournitures, abonnements de transport ou d’internat, etc.).
  • Lors d’un incident de la vie : nous veillons à être à l’écoute des villages que suit l’association et à détecter assez tôt les cas de décrochage scolaire. Nous intervenons rapidement afin d’aider les familles en contre-partie de leur engagement de maintenir la scolarité des enfants. C’est un enjeu primordial pour ASSEN.
  • Après l’abandon scolaire : nous tentons toujours de rescolariser les enfants qui ont dû abandonner. Ceci peut être à travers le retour dans le système classique, en coopération avec les professeurs et le directeur d’école, ou à travers une formation professionnelle adaptée à la motivation de l’enfant.

L’éloignement

Avec plusieurs kilomètres à marcher chaque jour, les élèves traversent de nombreux obstacles (routes meurtrières, serpents, etc.) pour enfin arriver épuisés à l’école. Les fortes pluies d’hiver privent souvent les élèves de plusieurs semaines de cours chaque hiver, notamment lors de la crue de certaines rivières.

Dans certaines écoles isolées, les horaires sont aménagés pour éviter aux élèves de rentrer tard dans l’obscurité. Ces enfants font par exemple une seule séance de 8h jusqu’à 14h. Ceci implique la nécessité de déjeuner sur place à l’école. Hors, c’est une véritable difficulté des écoles qui n’ont pas les locaux ni les moyens de fournir des repas.

ASSEN intervient notamment en développant les cantines scolaires, les bibliothèques, les internats et les espaces d’activités culturelles afin d’occuper les enfants dans de bonnes conditions.

La pression sociale

En plus des conséquences de la pauvreté, les jeunes filles subissent une pression sociale qui les rend plus fragiles au décrochage scolaire. Le plus souvent lors du passage au collège, l’installation dans un internat, quand le collège est éloigné, est refusée par la famille. Ensuite, intervient le mariage précoce qui, dès l’age de 15 à 16 ans, cause l’abandon scolaire de la jeune fille et anéantit ses rêves d’évolution sociale. Enfin, nous avons également constaté d’autres phénomènes comme l’envoi des jeunes filles pour travailler dans les villes en tant que ‘bonnes’, avec des salaires de moins de 150 DT par mois.

ASSEN accompagne les familles dans une démarche de sensibilisation et d’actions en faveur de la scolarisation des jeunes filles. Notre intervention repose sur une responsabilisation des parents et sur une projection à moyen et long terme que ces familles peuvent difficilement avoir à cause des problèmes financiers.

Nos projets d’éducation